Exposition au Rize : La graine et le bitume

Exposition au Rize : La graine et le bitume

Afin de rompre un peu avec l’ordinaire de ce blog, je me suis dit : « Tiens, et si je parlais de ça. »

De quoi donc? Eh bien de la nouvelle exposition qui se tient au Rize, à Villeurbanne. Parce que je sais bien qu’à force de me lire, moi l’éternel râleur, les gens risqueraient par finir par se dire « mais ce n’est pas possible , ce pauvre garçon, a-t-il encore quelques instants de joie, et cessera-t-il un jour de râler? »

Je vous invite donc à vous rendre au Rize à Villeurbanne à l’occasion de l’exposition qui s’y tient et s’y tiendra jusqu’au mois de septembre 2017. Cette exposition traite du cas, de la place, de la subsistance, parfois de la résurgence, du végétal dans un cadre hautement urbanisé.

Je dois reconnaitre par ailleurs que je ne l’évoque pas en parfaite innocence, attendu que j’ai contribué à l’exposition ( alors oui, j’ai dit que j’arrêtais pour aujourd’hui de râler, pas que j’étais exempt de défaut, ni de participer à ma propre promotion). Ma contribution touche à Alexis Jordan, botaniste lyonnais du XIXe siècle, dont la renommée déborde amplement le cadre local. Cet érudit tenait un jardin botanique expérimental dans la commune de Villeurbanne, un secteur que j’ai étudié d’assez près, et qui est proprement méconnaissable aujourd’hui sous la couche de la ville moderne.

Vue sur une partie du site actuel. Cimes des arbres poussés sur le sol de l’ancien jardin

Voici le texte qui introduit cette contribution :

Une commune profondément ancrée dans la ruralité, tel est encore en ce début de XIXe siècle le visage traditionnel que dépeignent les sources d’archives textuelles et les plans les plus anciens. Le paysage profile une succession de pièces de terres : prés, champs, vergers, quelques bâtiments enfin au caractère agricole. Les fonds y figurent, séparés les uns des autres par des haies vives ou des fossés, quelquefois des clôtures solides en pisé.  Mais la ville est bientôt appelée à de profondes modifications. L’industrialisation de masse autour du secteur du textile sonne pour elle l’heure d’un repeuplement ouvrier. Signe notable de ce développement, un singulier effet d’urbanisation en marche depuis l’ouest et la commune voisine de La Guillotière.  

C’est sur ce modèle global, qu’ici, à la frange occidentale de la ville, l’ancien fief de La Bonnetière se fragmente : dans le cours du siècle, les fermes cèdent progressivement leur place aux ateliers de tulliste mais aussi aux petites demeures d’une bourgeoisie en quête d’un cadre de villégiature rustique. Là, les voies fraichement tirées au cordeau de la nouvelle Cité Napoléon forment un réseau viaire neuf. Ses rues délimitent à présent un nouveau parcellaire composé de petits clos ceignant maisons et jardins, morcelant et lotissant les anciens grands domaines.

Au cœur de cette trame de voies encore en gestation, une singularité paysagère va prendre racine : un jardin botanique, celui d’Alexis Jordan. Véritable laboratoire à ciel ouvert, il impose à sa manière-érudite et originale- le témoignage du maintien de cette vocation du sol et de la nature dans un quartier en pleine mutation.  

Au commencement du XXe siècle, les ambitions urbanistiques de la seconde ville du département du Rhône auront tôt fait de reléguer ses allées ombragées au rang du simple souvenir.

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Voilà, en espérant que cet aperçu de l’exposition vous donnera l’envie de vous y rendre.

 

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