Démolitions des N°1 et 51 Rue Saint-Isidore

Démolitions des N°1 et 51 Rue Saint-Isidore

La rue Saint-Isidore commence et finit mal. Ce sont deux projets distincts menés à chacune des extrémités de cette rue qui signent le ravage de ce ravissant petit bout du quartier Montchat.

N°1 de la rue St-Isidore peu de temps avant démolition

Saluons au moins l’esprit de constance qui règle le timing des démolitions. En effet, l’union dans le néant des deux entrées de la rue s’autorise de la plus stricte synchronisation. Il importait sans doute de refuser aux passants désireux d’emprunter la Saint-Isidore tout accès qui ne leur fût déprimant.

Voilà pour les N°1 et N°51. De ce point de vue le calcul peut nous apparaitre amplement facilité : entre les deux  il en reste tout juste 49 autres, des numéros complémentaires en somme, largement de quoi projeter, démolir pour reconstruire. Même les non matheux s’y retrouveront sans peine.

Le premier cas qui nous occupe, le numéro 1, est déjà tombé. Pourtant la maison qui se tenait ici avait fière allure.

N°1 rue St-Isidore quelques mois avant la démolition

Avec son clos ombragé et ses petites dépendances elle faisait jadis partie d’un ensemble industriel qui s’étendait plus au sud sur la rue et qui mettait en œuvre divers ateliers. Ne disposant guère d’éléments historiques sur son sujet, me trouvant par conséquent dans l’incapacité d’un long discours, je privilégierai l’image :

 

Je ne résiste pas à l’envie de vous servir le fouillis de branches qui ensevelissait la vue :

Et vous verrez, si d’aventure vous empruntez la rue prochainement,  combien le lieu à changé. Pour l’occasion ne manquez pas le tas de bois fraichement tronçonné qui évoque le bon souvenir de l’arbre qui se trouvait là, bien en tas, à sa place, au coté des autres tas, triés au propre et par étiquette.

La cour passée, on accédait à la maison par une petite volée de marches pourvue d’une sobre rampe en fonte, avec son palier surmonté d’une marquise :

Relevons enfin que la maison se signalait d’assez loin et s’harmonisait avec la maison sise en vis à vis, façon de résistance devant la station de tram Reconnaissance-Balzac, farouchement, dégueulassement moderne.

L’arrière du N°1 rue St-Isidore et son vis à vis

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Quant au second cas, au numéro 51, il s’agit d’anciens ateliers. formant carrefour avec le Cours du docteur Long :

Il se trouve, ironie du sort, que j’avais illustré mon premier sujet sur Montchat par une photographie de ce bâtiment. J’étais loin de me douter alors qu’un panneau de démolition devait y fleurir quelques deux mois plus tard. Ne lui aurais-je pas d’ailleurs porté la poisse?

Il s’agit d’un paysage industriel haut en couleur, avec fronton à l’angle sur le cours du docteur Long, et qui ne manquerait pas d’inspirer des projets d’usage, affectation et réhabilitation, la multiplication d’un petit rêve tranquille et harmonieux.

Enfin, contentons-nous d’imaginer cette succession de sheds, restaurés, relookés, colorisés et mis en valeur. Acceptons la modernité, celle-ci tout du moins, celle qui est présentée comme du poisson et présentée à la cantine comme un carré de poisson pané.

Il parait que nous n’avons pas le choix.

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Emplacement actuel du N°1 rue St-Isidore

 

 

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