Pétition en faveur des N°9, 11 rue Paul Bert et N°10, 12 rue Moncey

Pétition en faveur des N°9, 11 rue Paul Bert et N°10, 12 rue Moncey

Un petit mot afin d’évoquer le devenir de ces maisons, celles-là :

Source Google Maps

Elles forment l’entrée actuelle des rues Moncey et Paul Bert, les dites rues rayonnant depuis l’ancienne place du Pont. Disons plutôt qu’elles rayonnaient, selon un plan beaucoup plus lisible autrefois, avant que l’espèce de gros arrondi dont je vais parler un peu plus loin ne vienne s’épater en plein milieu.

Le 12 rue Moncey en rose, avec à droite, dépassé de plusieurs étages, le N°10. Ces immeubles font dos aux 9 et 11 de la rue Paul Bert.
La façade rose qui abrite le 9 et 11 rue Moncey

Ces maisons-là que pourrait-il  leur arriver, vous demandez-vous peut-être, elles qui sont faites pour durer encore 500 ans ? La crue monstrueuse du Rhône de 1840, et les suivantes, leur ont gentiment caressé l’orteil, et quand au matin elles ont ouvert les paupières, les pieds dans l’eau, elles ont simplement daigné jeter l’œil  en bas, souriant d’un air tranquille comme à l’heure du bain de pieds. Car des inondations comme celles-là, elles peuvent en subir encore quelques-unes avant d’être jetées bas. Et, tandis qu’à l’autre bout de la rue Paul Bert, les eaux emportaient les masures en pisé, ici de ce centre neuf de La Guillotière qu’avait voulu son maire, Vitton, jaloux de sa voisine et rivale, Lyon, la pierre a demeuré pour durer et défier les siècles.

L’eau n’a pas réussi à détruire, il faudra le concours d’une volonté humaine pour l’y aider. Voilà le projet absurde dans lequel s’enferme actuellement la municipalité.

Et c’est dans un argumentaire confus et incohérent que la Ville défend, entre autres sujets, l’ouverture d’une perspective depuis l’autre bout de la rue, alors même que cette perspective est parfaitement compromise par le monstre qui occupe la place et barre littéralement la route depuis les années 90 : le C.L.I.P.

Oui, c’est son petit nom. Moi, naturellement, j’ignorais tout bonnement qu’il en avait un et je me bornais à passer devant sans seulement m’en douter.

Le C.L.I.P, plaqué devant le 9-11 rue Paul Bert, visible en rose

Cet acronyme en vaut un autre, et si le T.R.U.C. est réputé ce n’est pas seulement pour ses remarquables filets de pêche antichute de plaques de parement suicidaires ou kamikazes déterminées à  se jeter sur la tête des trop téméraires passants.

Arrière du C.L.I.P, avec à gauche les 10 et 12 rue Moncey

En effet, outre sa proverbiale vaillance architecturale, qui ne laisse pas d’enthousiasmer sur l’infini potentiel d’un contemporain bâclé, la tronche en biais, adolescent déjà dans l’âge de sa vieillesse, il est aussi reconnu pour éclipser totalement l’entrée de nos rues Moncey et Paul Bert, qu’il défigure sans vergogne. Après, en toute sincérité, cet édifice, je n’en pense rien, lui et ses bas résilles vintages, je l’ai toujours connu ici et comme ça. Mais il y a peu de débat à avoir sur la question de la légitimité de sa place en ces lieux :  c’est un ovni. Idem à la question de savoir ce qui  ici  bouffe la vue et la lumière.

Dans cette mesure, il me semble mal venu à titre de rachat d’une première erreur  (la construction du CLIP), d’en proposer une seconde (démolir ce qui est autour du CLIP et ne gène nullement).

Rue Paul Bert en direction de l’ouest avec à l’extrémité le 9-11 rue Paul Bert dans son exact environnement.

Ce quartier est un quartier vivant qui n’a rien à  gagner ni dans la perte de logements, ni dans celle de commerces, ni enfin dans la perte de ses repères. Tout ceci me parait d’ailleurs amplement démontré dans cette vidéo créée par le collectif Moncey-Ballanche.

Et dont voici la pétition !

 

Il fait si bon passer sous le C.L.I.P. Seul bémol cette sale tache rose du XIXe (encore une) qui défigure son royal parking.

2 réactions au sujet de « Pétition en faveur des N°9, 11 rue Paul Bert et N°10, 12 rue Moncey »

  1. Bonjour,
    Je viens de découvrir votre blog. Votre regard et votre style sont vivifiants. Vraiment cela sort de l’ordinaire et nous force à voir d’un autre œil tout ce qui se démolit à la pelle. Accepteriez-vous que je mette un lien vers votre blog dans le site internet de SEL. Nous essayons aussi d’intervenir pour la sauvegarde des immeubles des rues Moncey et Paul-Bert. Je vous signale un secteur du 7e arrondissement entre la rue Duvivier et la route de Vienne qui mériterait une chronique avant qu’il ne disparaisse complètement. Et il y a aussi pas très loin dans le 8e, le quartier du Grand Trou avec des petites maisons et des immeubles anciens qui résistent vaillamment, mais pour combien de temps. Patay a disparu et le chantier de la clinique St-Vincent de Paul étend son ombre.

    1. Merci pour tant d’éloges et merci d’avoir attiré mon attention sur ces sujets lyonnais que vous évoquez, beaucoup de choses vont bouger dans les parages. Il faudra que je fasse un saut.
      Excellente idée que ce lien depuis le SEL, faites donc.

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